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Dieu sait qu’Eric a tenté de lutter contre les violences infligées aux hommes par les femmes, ces pécheresses.

Dès 2006, il osait s’attaquer à une catégorie de femmes réputées invulnérables : les adolescentes victimes de viols collectifs. Il dénonçait courageusement la culpabilité des victimes : « Les viols et les tournantes ne se passent pas par moins 30° mais surtout quand il fait chaud et quand un certain nombre de petites jeunes filles ont pu laisser croire des choses. ».

La même année, Eric Raoult était le premier signataire d’une proposition de loi visant à instaurer le port d’un uniforme à l’école. Premier motif exposé, avant même celui de l’égalitarisme : garantir « une allure décente à tous les élèves » et éviter le harcèlement dont sont victimes « certaines jeunes filles lorsqu’elles sont vêtues de manière provocante« . Quand le législateur utilise les arguments de la culture du viol… Notons que les signataires étaient 57 hommes parmi les 59, Eric Raoult est loin d’être un cas exceptionnel.

Ensuite, il a largement contribué à pénaliser les femmes qui ne s’exhibent pas assez à son goût, et échappent donc à son contrôle lubrique. En 2010, alors député, il était rapporteur de la mission d’information parlementaire sur le voile intégral (qui finit par être interdit dans l’espace public et les services publics).

Effet pervers, de nombreuses femmes non concernées par cette loi en conclurent sottement qu’elles étaient libres de s’habiller comme elles le souhaitaient, et de contrôler leur apparence physique.

Commence un long calvaire pour le pauvre Eric Raoult, piégé par l’apparence physique des femmes, dont le spectacle l’oppresse au quotidien. Elles osent ne pas se cacher ! « Elle n’hésitait pas à montrer son corps. Moi, je suis suspecté d’harceler. Mais on ne soupçonne pas une fille d’aguicher » dira-t-il.

Eric Raoult programme politique détruire les femmes qui lui résistent

Programme politique : détruire les femmes qui résistent à mes abus

Côté conjugal, Eric Raoult est tranquille. Malgré l’adoption d’une loi sur les violences conjugales (toujours en 2010, durant son mandat de député), l’impunité et le déni des violences conjugales restent de mise. Lorsque son ex-conjointe le poursuit pour violences conjugales commises entre 2011 et 2012, c’est grâce à un argument imparable qu’il est relaxé de justesse (à défaut de justice) : « Dire à son épouse, qui a 15 ans de moins que vous, ‘tu t’habilles comme une salope’, ce n’est pas une violence conjugale ». Un slogan engagé qui va sans nul doute saper les fondements de la dictature féministe. Mais qui ne suffira pas, camarade masculiniste !

Côté professionnel en effet, le combat contre les femmes s’annonce plus difficile. Une ancienne collaboratrice, licenciée sur une fausse allégation de vol, le poursuit pour harcèlement moral et sexuel. Les faits remontent à la même époque que ceux de violence conjugale (2011-2012 donc). Coïncidence ou conspiration ? Eric dénonce la « chasse à l’homme », le complot féministe qui se trâme contre lui depuis plusieurs années, véritable menace pour notre démocratie phallocrate.

Autre conséquence de cette conspiration féministe : la défaite d’Eric Raoult aux élections législatives de 2012. Obsédé par la physionomie de son adjointe, trop occupé à son « moment de faiblesse » (il lui envoie 55 SMS par jour pendant 9 mois), comment Éric Raoult pouvait-il mener ses fonctions de député-maire cumulard et sa campagne électorale ? Celle-ci était vouée à l’échec.

Après le « coup de cœur » (ainsi qu’on définit le harcèlement sexuel et moral du point de vue d’Eric Raoult), voici le coup dur : sa victime a eu l’outrecuidance de faire appel à une avocate (oui, encore une femme) et de faire compiler quelques centaines des SMS par un huissier de justice.

Ses SMS lui vaudront sûrement un prix de poésie lyrique, et peut-être une nouvelle défaite électorale dans quelques jours. Car oui, Éric Raoult est candidat à sa réélection à la Mairie du Raincy. Depuis qu’il a subi un AVC, il justifie régulièrement ses violences misogynes par sa santé déclinante. Mais sa santé comme ses dérapages ne semblent pas remettre en cause sa carrière politique. Quand on est un homme en effet, nul besoin de justifier de ses capacités ni d’un parcours exemplaire pour « réussir » en politique.

Seul problème récurrent lors des élections : les femmes votent aussi.

Et entre deux campagnes électorales, elles le harcèlent. En permanence. A la maison. Au travail. Au tribunal. Dans la presse. C’est le « backlash », le retour de bâton que lui infligent les femmes trop conscientes de leurs droits, les impudentes.

J’ai eu un coup de cœur haut-le-cœur en lisant ses propos vicieux, mais tristement banals, typiques de la culture du viol et de la violence masculine : culpabiliser les victimes, exonérer les agresseurs.

Et moi aussi, j’ai craqué. J’ai eu mon moment de faiblesse. Provoquée, piégée par cet homme de pouvoir, maire, député, ministre, chevalier de la Légion d’Honneur (encore un), qui dénature l’engagement politique, avec la bénédiction de nos institutions républicaines.

Alors je vais lui envoyer des SMS du même acabit. Ou plutôt des mails, puisque je n’ai pas son numéro. Je lui enverrais bien 15 000 courriels, mais il lui serait trop facile de bloquer mon adresse électronique.

Mais à l’occasion, si tu as 5 minutes à perdre, tu peux aussi lui écrire. Si on était 15 000 à lui écrire ce qu’on en pense….

Il apprendrait que NON, nous ne tolérons pas les violences sexistes. Nous exigeons qu’elles ne soient plus tolérées et encouragées.

Alors, amies féministes, écrivez-lui aussi à l’adresse ericraoult2007@yahoo.fr

Ou sur son compte Twitter, inactif néanmoins depuis sa défaite aux législatives : @EricRaoult. Ou encore cette modeste page Facebook qui lui est dédiée.

Quelques idées de messages à envoyer (par SMS, tweet ou en objet du mail), directement inspirés de son lyrisme cellulaire :

  • « Je veux vivre loin de vous ET avoir un enfant sans vous ! ! ! »
  • « Je veux vivre sans vous ni vos semblables. Vous êtes trop hideux et toxique. »
  • « Une heure avec vous, je suffoquerais »
  • « Et vous serrer les c… avec ma pince ! »
  • « Vos desseins sont notés triple S dans les docs du huissier de justice (Sordides, Sournois, Sadiques) »
  • «… On ne vous a pas du premier coup : bien joué la relaxe lors du procès pour violence conjugale »
  • « Toutes les meufs vous méprisent »
  • « Vous êtes très mal barré. Avec vos SMS, vous voyez les têtes se détourner à votre vue »
  • « énième douche glacée, ce nouveau scandale de harcèlement moral et sexuel ! Je vais demander à Valls de mettre vos proches sous protection policière ! »
  • « Repoussant ! Puant ! BON À RIEN ! »
  • « Vous êtes trop faible pour prendre des responsabilités ? Cela ne vous met pas au-dessus de la loi »
  • « Raoult, AU TROU ! »
  • « Eric, le roi des sadiques »
  • « Maire de Raincy ou merdeux rassis ? »
  • « Démocratie ou des mots crasseux ? »

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Edit : des masculinistes militants de la « cause paternelle » (= cause des pères violents qui veulent garder leur ex-conjointe sous leur contrôle) commencent à troller sur Twitter. Que les masculinistes se sentent visés par ce billet montre qu’ils emploient les mêmes tactiques manipulatrices que la défense d’Eric Raoult : inversion des rapports de violence, victimisation des agresseur, culpabilisation des victimes, etc. Les mêmes mécanismes d’oppression sont à l’oeuvre.

Trolls masculinistes, tout comme Eric, je suis aussi poète à mes heures perdues, et je vous avais déjà dédié cette complainte lyrique.

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Accusé de harcèlement sexuel, Eric Raoult cherche à diluer les responsabilités. Et ce n’est pas la première fois.

Deux vêtements, deux mesures pour Eric Raoult.

Eric Raoult accusé de harcèlement sexuel: il tente de culpabiliser, discréditer et affaiblir la victime qui lui a résisté

– l’affaire Raoult récapitulée en image par la blogueuse Klaire fait grr : Raoult à « Agnès les jolies fesses » : 15 000 SMS ? Ah ouais, quand même…

Raoult et la présomption d’aguichence : « La rhétorique est d’un classicisme aussi navrant que violent : elle est celle de tous et toutes les avocat-es de la défense qui, dans les cas d’agression sexuelle (même avérée), ne travaillent pas tant à démontrer l’innocence ou à établir des circonstances atténuantes pour leur client, mais essentiellement à disqualifier le statut de la victime »