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Saisir les maillets et les marteaux. Marcher en silence. Serrer les dents. Converger vers la Cour. Faire sauter les verrous. Enfoncer les portes. Grimper les marches. Lever les poings. Crier.

Le temps s’arrête. Une seconde de répit.

Puis le mouvement reprend. Le cri de rage devient un cri de ralliement. Raz de marée humain. Une déferlante de femmes unies par la colère.

Les maillets s’activent. Détruire les murs, brique après brique. Brûler les livres, page après page. Déchirer ces lois inutiles et hypocrites, ce code négligent ou négligé, ces procédures sidérantes et orwelliennes.
Disloquer les bancs du prétoire.

Démanteler ce simulacre de tribunal qui bafoue la justice. Qui maquille les crimes en simples délits. Qui relaxe les violeurs, et achève les survivantes.

Et se réveiller.

En guise de tsunami féministe, il n’y a que quelques larmes de rage impuissante sur ma joue.

RIP. Rape In Peace. Violez en paix.

Et les violeurs continueront à violer et à raconter leurs forfaits en toute impunité au tribunal.

Et les magistrats continueront à ménager les violeurs. Et comme si cela ne suffisait pas, à les libérer de leurs prétendus remords. Il faut bien se regarder en face sans frémir quand on se rase. Le risque d’égratignure durant le rasage est un problème de santé non négligeable.

Et les journalistes continueront à propager la subjectivité des agresseurs. A les dépeindre en victimes de leurs prétendues pulsions ou misère sexuelles, inconscients de leurs responsabilités. Voire en victimes de la vraie victime, sans qui rien ne serait arrivé, après tout.

Scribouillards de Sud Ouest, parlez bien de « tournante », pour attirer les voyeurs. Il n’y a pas que la victime qui a tourné, d’ailleurs. La soirée aussi a tourné, selon vos propres mots. Une « soirée qui tourne bizarrement » : bel euphémisme pour minimiser la réalité sordide d’une série de viols en réunion perpétrés ce soir-là à Chalais.

« Une soirée qui tourne bizarrement » : 5 hommes réunis pour violer une jeune femme seule, isolée, inapte à consentir, du fait de son handicap notoire et à force d’alcool ingurgité sous la pression du petit ami.

Mais le Tribunal de grande instance d’Angoulême a tranché : ce n’est pas un crime prémédité, c’est un délit impulsif. Du moins c’était un délit jusqu’à la relaxe. Ce n’est plus rien aujourd’hui, qu’une soirée qui a tourné bizarrement.

Le petit ami avait bien le droit, semble-t-il, de disposer de sa « copine » comme de sa chose, et de « l’offrir » à ses potes pour se « débarrasser » d’elle.

Une jeune femme probablement déjà habituée (dressée ?) à subir des violences sexuelles de la part de ce si petit ami.

La soirée peut tourner en boucle dans l’esprit de cette femme.

Qui se soucie de son point de vue à elle, de son non consentement, de ses droits, de sa santé, de son histoire, de son avenir ?

Le parquet a 10 jours pour faire appel.

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À lire aussi en réaction à la même affaire:

– quand le viol n’est plus défini par le critère objectif et légal de l’absence de consentement, mais par le ressenti des agresseurs, leur prétendu manque de « conscience de l’absence de consentement », alors le tribunal n’est qu’une cruelle mise en scène, une mise en abyme du viol.

analyse juridique d’Azur Schmitt sur la correctionnalisation du viol : explications utiles à l’intention des journalistes visiblement mal informés.
Version plus sévère ici : Du cache-crime à la relaxe VS de l’inconscience des politiques à l’inconscience des juges

– pétition : appel à la mobilisation : le message est clair – « Messieurs, vous pouvez violer en paix » !

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Et toujours, à lire et relire, à diffuser et à rediffuser :

la campagne STOP AU DÉNI « a pour objectif de dénoncer une culture du viol construite sur des stéréotypes sexistes dans un contexte d’inégalité de pouvoir entre les hommes et les femmes, et de sensibiliser le grand public au déni, à la culpabilisation et à la maltraitance auxquels se heurtent les victimes de viol, souvent laissées pour compte et abandonnées.
Alors que les viols sont des crimes et des atteintes très graves aux personnes, ils sont l’objet d’une tolérance, d’une loi du silence et d’un déni scandaleux, et les violeurs bénéficient d’une impunité quasi systématique. »
Avec différentes pétitions destinées à sensibiliser les policiers, les magistrats et les élus sur les maltraitances institutionnelles infligées aux victimes.

– manifeste Pas de justice, pas de paix ! « Nous demandons l’ouverture d’une vaste réflexion sur le fonctionnement de notre système judiciaire pour qu’il commence, enfin, à tous les niveaux, à abandonner ses réflexes patriarcaux, et à envisager tous les moyens nécessaires pour protéger les victimes de violences sexuelles, enfants, femmes et hommes qui subissent l’enfer au quotidien.
Nous exigeons que les choses changent, pour l’avenir de notre société ! »

Viol Femmes Informations – ce que dit la loi sur le site du Collectif Féministe Contre le Viol

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Et enfin, pour ceux qui prétendent encore que le consentement est une notion floue, qu’il existe une zone grise où vous pouvez violer à votre insu (sic), retroussez-vos manches, renoncez à vos sarcasmes narcissiques, et APPRENEZ À NE PAS VIOLER. Ici, maintenant.