Bourse : le CPD sous la barre des 20000 points !

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Actualité des marchés financiers au 04/05/2013 :

D’après les derniers résultats relevés aux Bourses de Paris, l’indice de Cotation des Premières Dames (CPD) est en forte baisse actuellement. Le CPD serait passé au-dessous de la barre des 20 000 EUR, un seuil historiquement bas.

L’annonce a engendré une panique sur les marchés. Les investisseurs ont bradé la "Valérie", moins valorisée que la "Carla", produit concurrent retiré du marché l’an dernier.

Une fois débarrassés de leurs actifs risqués, les investisseurs se sont rabattus sur des placements de pères de famille. Ils ont par exemple investi en masse dans des valeurs sûres comme le SDM (Sexisme Des Médias), qui ne faiblit pas.

stéréotypes sur les femmes dans les médias, sexisme des médias, sexisme de la presse, marchandisation des femmes, stéréotypes sur la première Dame

Titres d’article tirés de la presse people, économique et généraliste.                             Et non, ce n’est pas la presse people qui parle de "Princesse".

Valeurs en hausse :

  • Les titres de presse racoleurs, réducteurs et peu originaux
  • L’utilisation abusive du simple prénom pour désigner une femme
  • La réduction des femmes au stéréotype de la princesse oisive et dépensière

Valeurs en baisse :

  • Un langage respectueux des femmes (trop complexe pour les bourses ?)
  • L’originalité des articles de presse
  • Une réflexion constructive sur le rôle et les moyens à donner, ou pas, à la conjointe du Président/au conjoint de la Présidente (ça viendra malgré tout)

Avis aux amateurs : trouvez-moi des titres de presse équivalents, qui comparent ainsi Nicolas et François, ou encore Claude (Guéant) et Jérôme (Cahuzac) !

Urgent ! Phallocrate recherche jolie jeune femme

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Cher Jean-Pierre Mocky,
Cher Laurent Biras,

Ma nièce ayant atteint l’âge de 30 sans avoir rencontré le Prince Charmant, je commence à m’inquiéter pour son avenir. Ses diplômes et un job ne remplaceront pas un bon mariage, vu la persistance des discriminations de sexe à l’embauche. Je me suis donc résolue à lui chercher un parti raisonnable, avant qu’elle ne soit évincée du marché de la chair fraîche.

J’ai bien pris note de l’annonce matrimoniale publiée sur votre site officiel, même si vous l’avez retirée le 6 avril.

URGENT ! JEAN-PIERRE MOCKY RECHERCHE UNE COLLABORATRICE LITTERAIRE POUR TRAVAIL A MI TEMPS, HORAIRE 17H 22H OU WEEK ENDS. PEUT SERVIR DE STAGE PROFESSIONNEL AGE SOUHAITE 25 A 45 ANS, CELIBATAIRE SANS ENFANT. SALAIRE A DEFINIR SELON RESULTAT. ENVOYER PHOTO CV

Mais avant de vous envoyer ma nièce pour un premier rendez-vous, je souhaite me renseigner sur le profil du Bachelor.

Monsieur Jean-Pierre Mocky, veuillez donc avoir l’amabilité de remplir ce petit questionnaire à choix multiples. Les questions ne sont pas plus intimes que les critères de sélection que vous mentionnez dans l’annonce.

Vous recherchez une femme célibataire. Vous êtes VIERGE peut-être ?

  • oui
  • non. Veuillez mentionner votre signe astrologique : ………………..
  • je ne sais pas car j’ai oublié ma date de naissance, événement si ancien

Vous recherchez une femme sans enfant. Vous-même, avez-vous des enfants ?

  • oui, 17 à ma connaissance
  • oui, mais ils ont l’âge d’être grands-parents, ça ne compte plus
  • oui, mais ce sont mes ex qui les élèvent (les femmes sont faites pour ça)

Vous exigez une photo. Pensez-vous que l’apparence physique est un important critère de jugement des gens ?

  • Bien-sûr, inutile d’être cultivée si vous êtes laide !
  • Non, à condition d’être homme, vieux et riche
  • Si vous avez été Miss France, pas besoin de photo

Vous recherchez une femme disponible le soir et le week-end. Que faites-vous en semaine ?

  • Je travaille dur pour gagner ma vie (je dois payer les pensions alimentaires de mes ex-collaboratrices)
  • je recherche une collaboratrice musicale pour les lundi et jeudi, une mannequin pour les mardi et mercredi, une cuisinière pour le vendredi. Vous avez d’autres nièces ?
  • Je me suis acheté une salle de cinéma et je me regarde dans mes anciens films. Je ne me lasse pas d’admirer mon infini talent !

Mister Jean-Pierre Cocky, j’ai hâte de recevoir votre réponse, afin que nous puissions commencer à élaborer d’excitants projets de "collaboration" !

Bisous,

Dodue la Morue

PS : on veut me faire croire qu’il ne s’agit pas d’une annonce matrimoniale mais d’une authentique offre d’emploi discriminatoire… Bonne blague, mais trop exagérée pour être crédible !

Jean-Pierre Mocky offre d'emploi discriminatoire sexiste et libidineuse

Vendeuse motivée recherche une entreprise, une vraie !

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à l’attention de :

SARL LEVRAT
52 Rue de la Ferme – 93100 MONTREUIL
Au capital de 1 487 000 Euros
RCS Bobigny B 491 388 575

Cher Directeur (Directrice ?) des Ventes,

J’ai l’honneur de vous présenter ma candidature à un poste d’Attachée Commerciale.

Je suis vivement attirée par votre culture d’entreprise, teintée de sexisme décomplexé et d’une courageuse désinvolture vis à vis des lois (notamment celle qui condamne la discrimination à l’embauche), comme nous l’apprend votre page Recrutement.

Si votre DRH semble bien peu au fait du Code du Travail, je tiens cependant à le féliciter pour son talent littéraire : son lyrisme accrocheur m’a convaincu de vous écrire !

Ce que la société Levrat recherche, ce sont des hommes, des vrais ! Pas des rabougris, des minets immatures, des paresseux ni des arrivés, pas des comptables d'heures supplémentaires, pas des complexés, des inhibés, des anxieux, des bilieux dévorés d'inquiétude, des timorés. Pas des surnuméraires, des amateurs ou des bénévoles. Pas des fil-à-la-patte. Pas non plus des velléitaires, des tranches-montagnes, des braves à trois poils, des matamores, des hyperexcités ou des débraillés sympathiques. Pas des jambes molles, des délicats ou des fins de carrière, des soupçonneux ou des désincarnés ou bien encore des télépathes de l'action commerciale... mais des grands, des carrés, des solides, des énergiques, des efficaces, des hommes qui ont de l'estomac, du nerf, du coeur au ventre et du sang dans les veines, des hommes décidés, énergiques, disponibles. Des ogres.

Page Recrutement de LEVRAT SARL

Etant une femme, une vraie aussi d’ailleurs, je ne corresponds pas au profil viril que vous recherchez. Néanmoins, je rappelle humblement qu’une vraie femme n’est pas une femmelette.

Une femme est un individu sans gonosome Y, certes, mais néanmoins doté d’un cerveau.

Or de nombreuses études scientifiques ont démontré que le cerveau est un organe plus utile que le pénis pour vendre de l’outillage industriel.

Si cette nouvelle chagrinera M Alexandre LEVRAT, votre dirigeant, j’ajoute que je ne pratique pas régulièrement l’épilation. Je suis souvent poilue des jambes. J’ai cru comprendre que la pilosité est un critère important de compétences commerciales, et je suis heureuse de le rassurer à ce sujet.

Ma candidature vous donne une opportunité unique de décupler vos ventes, car je doute sincèrement de l’efficacité de votre méthode virile. Pérorer en montrant ses biceps permet peut-être de créer une éphémère complicité avec un acheteur sexiste de votre acabit, mais certainement pas de conclure un contrat de vente gagnant/gagnant pour toutes les parties. Et tous vos acheteurs ne sont pas non plus « des hommes, des vraix (sic) ! »

Finissons-en donc avec les stéréotypes et les fantasmes.

Mon expérience professionnelle m’a appris qu’un(e) vendeur(euse) efficace sait avant tout écouter son client, pour adapter l’argumentaire de vente à ses attentes, et apporter des solutions personnalisées à ses contraintes.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur des Ressources Viriles, l’expression de mes sentiments respectueux et amusés.

Diké The Riveter

J'ai l'air d'une amatrice ?

J’ai l’air d’une amatrice, peut-être ?

PS : Merci au magazine Les Nouvelles NEWS pour cette opportunité d’emploi ! A lire sur Le marchand d’outils ne veut que des vrais mecs.

- Ou encore chez Hypathie : Poil aux bras, Levrat recrute !
- Affichage Libre : "Des Hommes qui en ont dans le froc"
- Confédération des Travailleuses de l’Industrie : Je suis un Winner !
- Et d’autres candidatures : CV LEVRAT – Des Couilles Des Vraies

Edit : merci à Lionel de m’avoir signalé ma confusion entre les chromosomes XX et XY (rectifié à présent) ! Je n’ai pas de gonosome Y mais cela n’affecte pas mes capacités cognitives et intellectuelles !

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Re-edit (08/04/2013) : l’offre a été remaniée et Levrat a présenté ses excuses sur la même page Recrutement, en annonçant que 65% des employés sont des femmes. Cette proportion se retrouve-t-elle au sommet de l’organigramme ?

Cher Levrat, je remarque que vous vous adressez avant tout à vos "clients, collaborateurs et amis", mais quid de vos clientes, collaboratrices et amies? La majorité des lecteurs qui se sont mobilisés sont des lectrices. Mais au moins en grammaire, le masculin l’emporte sur le féminin, ce qui permet de maintenir une réelle ambiguité au sujet de l’inclusion ou l’exclusion des femmes dans le discours. Magie du français…

En attendant, Elilah a eu la prévenance de vous envoyer un petit texte au sujet du fameux "second degré", celui qui sert d’excuse à tant de messages sexistes. A lire (et relire) sur le site des Chiennes de Garde (encore une meute de poilues, qui en ont, du poil de la bête !)

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Re-edit (09/04/2013) : j’ai également écrit à la préfecture de Seine-Saint-Denis pour faire part de mon indignation. Voici la réponse :

"Le préfet délégué pour l’égalité des chances a pris connaissance de votre signalement dont il a saisi l’inspection du travail.
Cordialement.

Secrétariat du préfet délégué pour l’égalité des chances
auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis"

Complainte de l’homme qui faisait le pied de grue

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"LA GUERRE C’EST LA PAIX.
LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE.
L’IGNORANCE C’EST LA FORCE."

La séduction c’est la guerre.
Le conflit c’est l’harmonie.
La famille c’est la souffrance.
La violence domestique c’est l’amour.
L’agresseur c’est la victime.
L’émancipation c’est le dérèglement.
L’oppression c’est la stabilité.
L’agression c’est la protection.
La muselière c’est la parole.
La lâcheté du témoin c’est le courage.
La tolérance envers la violence c’est la paix.

Le féminisme c’est l’intolérance.

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Le Business Model du proxénétisme – un peu de pub SVP !

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Dodo La Saumure proxénète

Dodo la Saumure : "J’ai toujours eu un p’tit succès féminin"

Cher Frédéric Taddéï,

En flânant sur YouTube, j’ai failli m’étrangler en découvrant votre odieuse interview de Dodo La Saumure. Cet entre soi viril et cette complicité masculine m’étaient intolérables. Dans le milieu "professionnel" du proxénétisme, qui vous fascine visiblement, il existe en effet une discrimination féroce contre les femmes.

Je la subis au quotidien car je suis moi-même une proxénète depuis des années. Mais contrairement à Dodo le Saumâtre, je n’arrive pas à percer dans ce milieu si machiste.

Après avoir si complaisamment donné la parole à Dodo, je vous propose de m’interviewer sur votre plateau afin d’équilibrer un peu la représentation des sexes à la télé.

Ne vous inquiétez pas, je saurai contrôler mes hormones féminines et je ne compte pas pleurnicher sur mon sort de femme discriminée. J’adopterai au contraire un discours très factuel pour vous expliquer ce qu’est le business model du proxénétisme. Je compenserai l’absence de bagou phallique par la rigueur de mon expertise économique.

Comme le disait Dodo à la fin de son interview, la prostitution c’est "un raisonnement économique", dont il veut expliquer les contraintes aux apprenties-prostituées. Il aurait même proposé au Sénat belge de donner ce rôle pédagogique à la police, proposition absurde car un policier n’a pas les compétences et connaissances économiques nécessaires.

Dodo la Saumure proxénète

Il comprend et fait rêver ses sardines

Mon approche du "métier" est très différente de celle de mon concurrent confrère Dodo, qui se présente comme un "soutien moral", un "alter ego" qui peut "aider", "comprendre" et même "faire rêver" les prostituées, qu’il appelle les "filles" par pseudo-paternalisme.

Il veut être appelé soutireur souteneur plutôt que proxénète, taulier de "maisons de plaisir" plutôt que de "maisons closes".

Dodo Le Saumâtre prétend en effet présenter la prostitution sous un aspect enchanteur et même nostalgique, avec des références historiques probablement pompées sur Wikipedia.

Mais je vous parlerai en femme d’affaires efficace, qui maîtrise bien tous les rouages de ce secteur en pleine expansion. Je préfère d’ailleurs être appelée "entrepreneuse prostitutionnelle", car "entrepreneuse", c’est à la mode et ça reflète bien mon objectif : prouver que le proxénétisme est un business rentable qui pourrait largement contribuer au redressement de la croissance.

Le business-model du proxénétisme est sans faille et bien conçu. Il présente d’immenses opportunités :

- Les coûts de production sont négligeables : contrairement à d’autres trafics (drogues et armes notamment), le trafic d’êtres humains ne nécessite pas d’investir dans la production de la marchandise : celle-ci ne se fabrique pas, elle est disponible de manière presque illimitée dans la nature. D’après l’ONU, les femmes constituent 70% des personnes vivant sous le seuil d’extrême pauvreté, soit un vivier de 910 millions de femmes très pauvres, sans compter les pauvres relativement à leur pays et les précaires… Mieux encore, la marchandise se reproduit !

- Seuls comptent donc les coûts du transport et du stockage de la marchandise. Or, avec un peu de psychologie et de contrainte créativité, il est facile de faire payer les coûts du transport par la marchandise elle-même. Les coûts élevés de l’immigration clandestine sont ainsi pris en charge par les futures prostituées elles-mêmes.

- Seuls les coûts du stockage sont élevés, en raison de la dispersion des stocks. C’est là que le bât blesse : tant que les maisons closes seront interdites, il faudra répartir les prostituées dans des résidences plus ou moins individuelles, payer les loyers afférents, et les faire travailler chez d’autres, ce qui implique de partager les profits (avec les hôteliers, les tenanciers de bars, etc).

La légalisation des maisons closes permettrait de concentrer les stocks de prostituées dans moins d’espace, et donc engendrerait des économies d’échelles fabuleuses. De plus elle permettrait de faire vivre les prostituées sur leur lieu de travail, et ainsi, de les faire travailler en flux tendu (méthode idéale pour adapter l’offre à la demande).

la mise en boîte des sardines permet des économies d'espace de stockage

la mise en boîte des sardines optimise l’espace de stockage

Cher Frédéric Taddéï, je souhaite donc vous rencontrer pour vous présenter toutes les ficelles du proxénétisme sous son aspect économique, et vous expliquer les raisons de mon militantisme pro-légalisation au nom de la liberté d’entreprise.

Malgré ses avantages et ses perspectives de juteux profits, le proxénétisme est un métier difficile : la traite des femmes est un métier audacieux qui nécessite d’excellentes compétences logistiques et manipulatrices, dans un cadre très concurrentiel.

La concurrence entre proxénètes est féroce en effet dans ce secteur où le client est roi. J’avoue qu’une interview sur votre plateau me donnerait un petit coup de pub bien utile en ces temps d’austérité, tout en vous permettant, peut-être, d’améliorer votre image auprès des féministes déplorant la sous-représentation des femmes dans les médias.

Après l’interview de Dodo La Saumure, le proxénète défenseur de DSK, je vous suggère l’interview de Dodue La Morue, la proxénète féministe ! C’est pas accrocheur ça aussi ?

Je vous prie d’agréer, Cher Fred, l’expression de mes sentiments dévoués à la cause patriarcale et pas du tout ironiques, et vous prie de les transmettre à vos confrères et collègues de France Télévisions, du CSA et du Ministère de la Culture et de la Communication.

Dodue La Morue, entrepreneuse en prostitution

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PS : J’ai trouvé votre adresse ici

Dodue la Morue - entrepreneuse

Nomination aux Ig Nobels

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Voici la traduction de ma lettre envoyée aux Ig Nobels le 17 octobre 2012, pour soumettre la nomination improbable d’un candidat à la prochaine cérémonie des Ig Nobels (lettre originale en anglais). Au cas où vous n’en avez jamais entendu parler, « Les prix Ig Nobel couronnent des prouesses qui font d’abord rire, avant de faire réfléchir. Ces prix ont pour but de rendre hommage à l’originalité et d’honorer l’imagination — ainsi que d’attiser l’intérêt des gens pour la science, la médecine et la technologie. »

Chère équipe de l’Ig Nobel,

J’ai l’immense plaisir de soumettre toute une clique de candidats dans la catégorie « Conservation de l’énergie et du pouvoir ».

Mes candidats sont les Comités du Prix Nobel pour leurs avancées inénarrables en matière de confiscation conservation de l’énergie et du pouvoir. 

La conservation de l’énergie et du pouvoir est un principe physico-culturel selon lequel, dans un système patriarcal, le pouvoir se conserve et se transmet invariablement entre organismes identiques (notamment de sexe masculin), sous l’action de plusieurs phénomènes, allant de la cooptation des pairs à une réaction immunologique de rejet des organismes étrangers ou parasitaires (notamment de sexe féminin).

Les honorables Comités du Prix Nobel ont indubitablement excellé dans cette discipline, ayant découvert et démontré que les femmes sont étrangères aux dynamiques d’excellence académique et intellectuelle. Lorsqu’elles évoluent dans le monde universitaire et intellectuel en effet, c’est généralement en tant que parasites se nourrissant des travaux des hommes.

Schéma illustratif des dynamiques en milieu académique de type patriarcal

Conséquence : les comités du Prix Nobel se voient obligés de distinguer en grande majorité des hommes, fautes de femmes ayant fait preuve d’un minimum d’autorité scientifique dans les domaines de la Physique, Chimie, Physiologie ou Médecine, Economie et bien-sûr, dans les mouvements pacifiques :

  • Les études et expériences scientifiques effectuées par des femmes, leurs capacités analytiques sont si limitées que depuis sa création, le Prix Nobel de Physique n’a pu récompenser que 2 femmes (pour 192 hommes).
  • Le Prix Nobel de Chimie a dû être remis à 159 hommes et seulement 4 femmes. Les ressources féminines sont si restreintes que pour la première femme, il fallu réutiliser celle qui avait déjà servi de première Lauréate du Prix Nobel de Physique 8 ans auparavant (Marie Curie). Nous pouvons même supputer une histoire de collusion familiale puisque sa fille, Irène Joliot-Curie, fut également distinguée plus tard par le même Nobel de Chimie.
  • Il fallu également remettre le Prix Nobel de Physiologie et de Médecine à 201 hommes et seulement 10 femmes, puisque les femmes sont plus connues pour leur empathie envers les malades que pour les compétences analytiques et intellectuelles requises pour la recherche biologique et la pratique médicale. C’est pourquoi le rôle de Rosalind Franklin a été occulté par le Prix Nobel lorsqu’il fut remis en 1962 à trois hommes pour leurs progrès en biologie moléculaire : Maurice Wilkins, le propre collègue de Franklin, ainsi que Francis Crick et James Watson, qui n’auraient pas réussi à identifier et démontrer la structure hélicoïdale de l’ADN sans les photographies prises par Rosalind Franklin.
  • Les flagrantes lacunes artistiques et intellectuelles des femmes expliquent également pourquoi le Prix Nobel de Littérature n’a pu récompenser que 12 auteures outre les 97 hommes distingués. Le Comité du Prix Nobel suppose probablement que les femmes obtiendront une juste reconnaissance littéraire lorsque les Ig Nobels créeront un Prix de Littérature à l’Eau de Rose.
  • Les femmes, créatures typiquement agressives et violentes, n’arrivent pas non plus à s’investir dans les mouvements non-violents. Pour 100 individus masculins récompensés par le Prix Nobel de la Paix, seules 15 femmes ont pu être distinguées (dont 3 qui ont dû se partager le prix l’an dernier, car les femmes ne réussissent rien individuellement, c’est bien connu).
  •  Et finalement, malgré de nombreux efforts pour soutenir économiquement le sexe faible, celui-ci a montré un total désintérêt pour l’économie. Le Prix Nobel fut donc forcé de récompenser 70 individus masculins. Il fallut attendre 2009 pour pouvoir enfin tomber sur une Lauréate convenable : Elinor Ostrom, seule Lauréate jusqu’à présent. Cette unique reconnaissance de la contribution des femmes à l’économie est néanmoins prometteuse : à ce rythme, sachant que le Prix de la Banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel fut décerné pour la première fois en 1969, nous pouvons statistiquement espérer qu’une deuxième Lauréate sera distinguée en 2049 !

Ces chiffres sont plus parlants que tout long discours. Cette année encore, les comités du Prix Nobel, acculés par la médiocrité des femmes, ont dû attribuer tous leurs prix à des hommes. L’absence des femmes de la liste des Lauréats de 2012 peut initialement prêter à rire, mais finalement elle interpelle et fait réfléchir : en 2012, pourquoi les femmes s’obstinent-elles encore à échouer, malgré la diffusion des idéologies égalitaristes visant à promouvoir les droits et l’autonomisation des femmes ?

L’oxymore "éducation des filles" fait peut-être sourire les patriarches érudits, déjà conscients des déficiences intellectuelles, scientifiques et artistiques inhérentes à la nature féminine. Mais jusqu’à présent ils n’avaient pas réussi à les démontrer. C’est grâce à leur ténacité et leur vigilance improbables que les institutions du Prix Nobel ont pu démontrer la supériorité masculine, qui légitime finalement la confiscation du pouvoir par les hommes.

En conclusion, je souhaite revenir sur le cas de Rosalind Franklin,dont on sait aujourd’hui qu’aucun membre de la communauté scientifique ne l’a jamais jugée digne d’être nominée à un Prix Nobel. Le site du Prix Nobel explique que lui décerner un prix était impossible en 1962, car les prix à titre posthume sont interdits (elle eut le bon goût de décéder en 1958). Quiconque a écrit cette justification a visiblement oublié que cette règle fut formalisée en 1974, et qu’en 1961, un prix Nobel de la Paix fut décerné à titre posthume à Dag Hammarskjöld (qui avait le bon goût d’être un homme), soit un an seulement avant l’attribution du Prix Nobel aux pairs de Rosalind Franklin.

Quelques mauvaises langues ont donc suggéré que cette justification réglementaire de la non-attribution du prix à Franklin manque singulièrement de cohérence historique et scientifique.  Je préfère croire que le Prix Nobel a agi de bonne foi : si le rôle crucial de Franklin a été occulté, c’est probablement parce que son travail ne méritait pas de reconnaissance, tout simplement. Nous pouvons donc scientifiquement et logiquement en déduire que son rôle a été enjolivé au fil des ans par des féministes hystériques.

Les Comités du Prix Nobel sont donc indubitablement fondés à minimiser les réussites des femmes, conformément aux stéréotypes patriarcaux qui structurent toujours notre société moderne, valorisant l’autorité masculine tout en décourageant le développement d’un leadership féminin.

La sélection des Lauréats aux Ig Nobels semble étonnamment plus équilibrée en terme de représentation des femmes. Je souhaite ardemment que votre prochain palmarès sera plus patriarcal !

Bien cordialement,

Diké

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Post-Scriptum :

L’illustration du Penseur a été créée à partir de cette photo du Penseur de Rodin, homme musclé et energique, et de la Penseuse à partir de cette photo. Notez que la penseuse semble nettement plus indolente et douce que le penseur… Est-ce étonnant ?

Ig Nobel nomination

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Below is my letter sent to the Ig Nobel on 17th October 2012, in order to submit my improbable nomination for the next Ig Nobel ceremony. In case you never heard about them, "The Ig Nobel Prizes honor achievements that first make people laugh, and then make them think. The prizes are intended to celebrate the unusual, honor the imaginative — and spur people’s interest in science, medicine, and technology."

Dear Ig Nobel team,

It gives me great pleasure to nominate a whole bunch of candidates for a suggested Ig Nobel Prize of « Conservatism Science »

My Candidates are the Nobel Prize Committees for their oustanding achievements in Conservatism Science.

Conservatism Science can be described as the interdisciplinary study of patriarchal conservatism through the use of a mix of scientific inquiry and social stereotypes, especially gender stereotypes.

Conservation of energy and power in patriarchal environment

The respected Nobel Prize Committees have undoubtedly demonstrated how women keep failing to pioneer in the fields of Physics, Chemistry, Physiology or Medicine, Literature, Economics, and of course in Peace activism:

  • Women’s researches, experiments, analytical skills and scientific studies are so poor that since its creation, the Physics Nobel Prize had to be awarded to 192 men and 2 women only.
  • The Chemistry Nobel Prize had to be awarded to 159 men and 4 women only. Female resources were so scarce that for the first female Laureate, they had to pick the one they had already picked 8 years earlier for the Physics Nobel Prize (Marie Curie). We may even assume some kind of family collusion as her daughter Irène Joliot-Curie was later awarded the same.
  • The Physiology or Medicine Nobel Prize had to be awarded to 201 men and 10 women only, as women are better known for their nursing and caring abilities, than for the intellectual and analytical skills required for physiology research and medical practice. This is the reason why Rosalind Franklin’s role in molecular biology and DNA structure discovery has been overlooked by the Nobel Prize when it was awarded, in 1962, to her co-worker Maurice Wilkins and to two other male scientists, Francis Crick and James Watson, who had used her photographies to understand and demonstrate the helical structure of DNA.
  • Women’s blatant lack of artistic and intellectual talent is also the reason why the Literature Nobel Prize had to be awarded to 97 men and only 12 women so far. The Nobel Prize committee probably assumes that women will get an opportunity for literary recognition the day the Ig Nobels will create a Prize for Chick Lit.
  • Women’s stereotypical aggressivity and violence explain their difficulty in achieving in the field of peace activism. For 100 individual males who have been awarded the Peace Nobel Prize, the jury could only pick 15 females (3 of which had to share the price last year, as women definitely don’t achieve individually).
  • And finally, despite repeated appeal to women, the fairer sex has failed to show any interest and achievements in the field of Economics, forcing the Nobel Prize to be awarded to 70 men. It is not until 2009 that they could find a suitable female Laureate, Elinor Ostrom, the only one so far. This single recognition of women’s contribution to economics sounds promising for the near future: given that the first Sveriges Riksbank Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel was awarded in 1969, we can now statistically expect another woman to be distinguished in 2049!

Such figures speak more than any long speech. Sadly this year, not even one Nobel Prize could be awarded to a woman. The absence of women in the 2012 Laureates list might initially sounds funny, but later raise some questions. How do women persist to fail in 2012, given the global spread of egalitarian ideologies and rampant activism towards woman’s rights and empowerment? The phraze “Girl education” might sounds like a funny oxymore to the educated patriarches, who already know about women structural intellectual, scientific and artistic deficiencies; but so far they have been unable to demonstrate it. For this demonstration of male superiority, we must be grateful to the improbable tenacity and vigilence of the Nobel Prize institution.

Finally, I would like to recall the case of Rosalind Franklin, whom we now know has never been nominated to a Nobel Prize by any member of the scientific community. The Nobel Prize website explains that awarding her the Nobel Prize was out of the question in 1962 as posthumous Nobel Prize are not allowed (she fortunately expired in 1958). Whoever wrote this justification overlooked the fact that this rule was decided in 1974, and that in 1961, a posthumous Peace Nobel Prize was awarded to Dag Hammarskjöld (fortunately a man), just one year before the Nobel Prize was awarded to Rosalind Franlin’s peers, without a word of credit for her.

Indeed some acrimonious minds have suggested that this statutory justification lacks scientific and historical consistency. I prefer to assume that the Nobel Prize acted in good faith and overlooked Franklin’s instrumental and crucial role because she just did not deserve any credit. Hence we can logically and scientifically deduct that Franklin’s achievements have been overrated by hysteric feminists over the years.

The Nobel Prize Committees are therefore justified in repeatedly underating women’s achievements in their selection of Laureates, in accordance with the patriarchal stereotypes which still structure our modern societies, promoting and appraising male authority while dismissing and disheartening female leadership.

I have noticed that surprisingly, the selection of Ig Nobels Laureate shows a better balance between men and women laureates. I look forward to a patriarchal selection of Ig Nobels Laureate for the next ceremony!

Best regards,

Diké

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Post-Script:

The Thinker and The Thinker

The picture of The (male) Thinker was created using this photo of The Thinker by Rodin, a tonic and muscular man, and the (female) Thinker using this photo. Note that the female Thinker looks flabby compared to her male counterpart… Does this surprises you?

Punk vs Punkette : l’art de brider le féminisme

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Vierge Marie, Mère de Dieu, délivre nous de Poutine, délivre-nous de Poutine, délivre-nous de Poutine

Vierge Marie, Mère de Dieu, deviens féministe
deviens féministe, deviens féministe

L’arrestation et la condamnation des Pussy Riot, auteures de la Prière punk à Marie, a permis d’enrichir notre belle langue d’un nouveau mot, "punkette", peu utilisé jusque là, si ce n’est pour décrire un style vestimentaire vaguement inspiré du mouvement punk.

Aujourd’hui, il est dans toutes les bouches des journalistes et experts bien intentionnés qui dénoncent les excès de la répression russe. Mais les représentations sexistes des Pussy Riot dans la presse française ne soutiennent pas vraiment leur combat féministe.

Dans cet article intitulé Pussy Riot : trois pasionarias anti-Poutine, Europe 1 a le mérite de s’intéresser aux parcours individuels de ces femmes. Mais le champ lexical employé reste coutumier des poncifs sexistes de la presse, très bien décrits dans cet article des Nouvelles News justement intitulé Pasionaria, égérie, muse, mère, madone. Pas besoin d’innover pour l’article d’Europe 1, écrit par Rémi Duchemin ; les catégories "Madone" et "Pasionaria", prêtes à penser dans le journalisme contemporain, s’appliquent très bien au traitement de la prière punk dédiée à la Vierge Marie par les Pussy Riot.

Et quel besoin ont tous les commentateurs de nous ressasser continuellement l’âge des Pussy Riot ? Partout, on les désigne comme des "jeunes femmes" ou des "filles", et dans la presse anglophone comme des "girls". Dans cet article du Figaro, le mot "femmes" est systématiquement précédé de l’adjectif "jeunes", à 6 reprises. L’écrire une fois, pourquoi pas, c’est une information. Mais écrire systématiquement "jeunes femmes" relève d’une manipulation sexiste, sûrement bienveillante, destinée à minorer l’action de ces femmes, en rappelant leur prétendue immaturité. Le problème, c’est que cela minore aussi leur combat féministe.

Car ces commentateurs ont complètement évacué l’objet même du combat des Pussy Riot : le féminisme et la dénonciation du pouvoir patriarcal en Russie, dans ses avatars étatique et clérical.

On parle de combat "anti-Poutine", contre "le pouvoir autoritaire", "d’artistes rebelles", "engagées", (Europe 1), "punkettes devenues le symbole de la liberté d’expression bafouée en Russie" (Nouvel Obs). Mais jamais de combat féministe.

Chez Rue89, entretien révélateur avec un ‘spécialiste’ de contre-culture russe : "les filles", "punkettes", "jolie brunette"… Joël Bastenaire a d’ailleurs la gentillesse de nous apprendre dans quel milieu les "punkettes" couchent : "Elles sont plus ou moins en ménage avec le milieu de l’art contemporain". Ces remarques sur leur vie intime ne sont pas simplement inélégantes : en quelques lignes, elles servent à rabaisser ces trois femmes d’un rôle d’idéologue, présenté comme actif et intellectuel, à un rôle plus passif et esthétique, où elles ne font plus que relayer des discours élaborés par des hommes.

Les Pussy Riot ne seraient ainsi qu’une émanation d’un mouvement contestataire masculin. Merci à Joël Bastenaire d’avoir remis les femmes à leur juste place, celle de "compagne de" militants contestaires. S’il ne manque pas de souligner la beauté de Nadezhda Tolokonnikova (« jolie brunette »), il lui dénie le statut de membre du collectif artistique Voïna, pourtant mixte, pour la reléguer au simple statut de compagne d’un membre de Voïna.

Visiblement, la contre-culture ne doit pas transgresser les règles du patriarcat.

L’activisme des Pussy Riot s’inscrit effectivement dans un contexte contestataire déjà existant, qui a pris son essor depuis un an à l’occasion des élections de décembre 2011, entachées de fraude.

Mais très peu remarquent que les Pussy Riots sont les seules contestataires russes qui ont donné une dimension féministe à leur action. Et quel journaliste a mis en perspective l’action des Pussy Riot par rapport à la condition féminine en Russie ?

L’usage de « punkette » au lieu de « punk », habituellement utilisé au féminin pour les chanteuses punk, n’est pas anodin. Le suffixe « -ette » remplit bien sa fonction de diminutif. Il sert à rabaisser les Pussy Riot, à la fois en tant que contestataires (puisqu’elles ne seraient pas des vraies punks ni des vraies penseuses) et en tant qu’individus (puisqu’elles seraient immatures).

Réduite à un simple happening, provocant certes, mais dénué de valeur intellectuelle ou artistique, la « prière punk à Marie » devient une mignonne révolution adolescente, et certainement pas un acte féministe dérangeant les structures patriarcales de la société russe.

Bref, les Pussy Riots ne seraient donc que des adolescentes influençables et inoffensives. Vu comme ça, effectivement leur enfermement apparaît disproportionné et même anti-pédagogique. De nombreux internautes suggèrent d’ailleurs que ces filles/pétasses/gamines ne méritaient qu’une simple fessée… Paternalistes ou pervers, ces commentaires sexistes ne sont que le résultat des représentations dévalorisantes des Pussy Riot dans la presse.

Partout on souligne le soutien du monde occidental envers les Pussy Riot.

Mais qu’est-ce qui gêne vraiment dans leur condamnation : que la justice russe enferme des gamines insolentes, ou qu’elle réprime des féministes dérangeantes ?

Si vous soutenez vraiment les Pussy Riot au nom de la liberté d’expression, ne dénaturez pas leur message ! La manipulation est aussi grave que la censure et la répression de l’information…

Bien-sûr, il est facile de critiquer la Russie et ses pratiques dignes du Second Empire français (une fois de plus, merci à Joël Bastenaire pour cette comparaison qui nous donne 150 ans d’avance sur la Russie), mais en attendant, en France, les médias continuent à remettre les femmes « à leur place » sans être remis en cause.

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PS : Dans la série des slaves provocantes, on pense tout de suite aux Femen, ces Ukrainiennes qui exhibent leurs seins dans toute l’Europe en signe de protestation contre le machisme. Or pas un article de presse n’omet de mentionner leur combat féministe (que ce soit pour le relayer ou le ridiculiser). J’en conclus donc que le féminisme dénudé est plus didactique que le féminisme cagoulé, et malheureusement ce n’est pas un hasard.

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A lire :

- Le site officiel des Pussy Riot (multilingue)

- sur Les Nouvelles News : Pasionaria, égérie, muse, mère, madone. Entretien avec Marie-Joseph Bertini, universitaire spécialiste des usages culturels, sociaux et politiques du Genre (9 juin 2011)

- sur Pacific Standard (magazine américain) : What Does Pussy Riot Mean in Russian? Entretien (en anglais) avec Kevin M. F. Platt, universitaire spécialiste de la langue et la littératture slaves (17 août 2012)

- L’évolution des femmes en Russie, par Oxana Naoumenko, Doctorante et vacataire au département de russe de Rennes 2 (15 mars 2008)

- sur Aujourd’hui la Russie : 20 ans après l’URSS: Quelle égalité entre les hommes et les femmes russes ? (16 décembre 2011)

- sur Prisons de femmes : Situation des femmes incarcérées en Russie. Extrait de Prisons de Femmes en Europe, ouvrage collectif paru en 2001 (Editions Dagorno)

Femme donc impure : monstrueuses menstrues (II)

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La semaine dernière, je vous parlais de la coutume népalaise du Chhaupadi, qui consiste à ostraciser cruellement les femmes, chaque mois pendant leurs règles.

Cette tradition se fonde sur le préjugé hindou qui affirme que les femmes sont impures pendant leurs périodes de menstruation. Elles doivent donc se soumettre à des codes contraignants et discriminatoires :

  • Interdiction d’entrer dans un temple et de pratiquer des rites d’offrandes aux dieux (impureté rituelle de la femme)
  • Interdiction des rapports sexuels ou même tactiles entre époux (impureté physique de la femme)
  • Interdiction de préparer les repas et d’entrer dans la cuisine (la femme perçue comme source de pollution et de contamination)
  • Obligation de se purifier rituellement à la fin des règles

Ces règles ont été édictées dans les Lois de Manou (Manu Smriti), un code cosmogonique et législatif très ancien, qui a par ailleurs instauré le système des castes et de l’intouchabilité.

Or, dans notre culture, on retrouve les mêmes poncifs sur la saleté du sang menstruel et sur l’impureté des femmes.

Petit tour d’horizon dans le bassin méditerranéen :

Dans le judaïsme, le Talmud a instauré la Niddah, un ensemble de lois de "pureté familiale" qui imposent aussi une période de séparation physique des époux. La femme doit également se purifier dans le mikvé (bain rituel) avant de pouvoir avoir des rapports sexuels avec son mari ou entrer dans une synagogue. La période d’impureté est néanmoins prolongée jusqu’à une semaine après la fin des règles. Les femmes sont donc considérées comme impures pendant près de la moitié de leur cycles menstruels.

Le Talmud, source de la loi juive – original photo by hooktothejaw (Flickr)

La Niddah s’appuie sur des textes de de l’Ancien Testament qu’on retrouve aussi dans la Bible chrétienne. Tous les écoulements du corps humain y sont considérés comme des déchets impurs, le sang utérin au même titre que les crachats, l’urine ou le sperme.

Lévitique, chapitre 12 – sur les lochies :

Les lochies sont les écoulements de sang, de débris de muqueuses et de sécrétions, qui surviennent durant quelques semaines après l’accouchement.

Lv 12:1- Yahvé parla à Moïse et dit :
Lv 12:2- Parle aux Israélites, dis-leur : Si une femme est enceinte et enfante un garçon, elle sera impure pendant sept jours comme au temps de la souillure de ses règles.
Lv 12:3- Au huitième jour on circoncira le prépuce de l’enfant
Lv 12:4- et pendant trente-trois jours encore elle restera à purifier son sang. Elle ne touchera à rien de consacré et n’ira pas au sanctuaire jusqu’à ce que soit achevé le temps de sa purification.
Lv 12:5- Si elle enfante une fille, elle sera impure pendant deux semaines, comme pendant ses règles, et restera de plus soixante-six jours à purifier son sang.
Lv 12:6- Quand sera achevée la période de sa purification, que ce soit pour un garçon ou pour une fille, elle apportera au prêtre, à l’entrée de la Tente du Rendez-vous, un agneau d’un an pour un holocauste et un pigeon ou une tourterelle en sacrifice pour le péché.
Lv 12:7- Le prêtre l’offrira devant Yahvé, accomplira sur elle le rite d’expiation et elle sera purifiée de son flux de sang. Telle est la loi concernant la femme qui enfante un garçon ou une fille.
Lv 12:8- Si elle est incapable de trouver la somme nécessaire pour une tête de petit bétail, elle prendra deux tourterelles ou deux pigeons, l’un pour l’holocauste et l’autre en sacrifice pour le péché. Le prêtre fera sur elle le rite d’expiation et elle sera purifiée.

Notez qu’une femme est deux fois plus impure après avoir accouché d’une fille qu’après avoir accouché d’un garçon.

Le chapitre 15 décrit de manière particulièrement créative la chaîne de propagation de la "souillure" des règles.

Lévitique, chapitre 15 – sur l’impureté du sang menstruel :

Lv 15:1- Yahvé parla à Moïse et à Aaron, et dit :
 [...]
Lv 15:18- Quand une femme aura couché maritalement avec un homme, ils devront tous deux se laver à l’eau, et ils seront impurs jusqu’au soir.
Lv 15:19- Lorsqu’une femme a un écoulement de sang et que du sang s’écoule de son corps, elle restera pendant sept jours dans la souillure de ses règles. Qui la touchera sera impur jusqu’au soir.
Lv 15:20- Toute couche sur laquelle elle s’étendra ainsi souillée, sera impure ; tout meuble sur lequel elle s’assiéra sera impur.
Lv 15:21- Quiconque touchera son lit devra nettoyer ses vêtements, se laver à l’eau, et il sera impur jusqu’au soir.
Lv 15:22- Quiconque touchera un meuble, quel qu’il soit, où elle se sera assise, devra nettoyer ses vêtements, se laver à l’eau, et il sera impur jusqu’au soir.
Lv 15:23- Si quelque objet se trouve sur le lit ou sur le meuble sur lequel elle s’est assise, celui qui le touchera sera impur jusqu’au soir.
Lv 15:24- Si un homme couche avec elle, la souillure de ses règles l’atteindra. Il sera impur pendant sept jours. Tout lit sur lequel il couchera sera impur.
Lv 15:25- Lorsqu’une femme aura un écoulement de sang de plusieurs jours hors du temps de ses règles ou si ses règles se prolongent, elle sera pendant toute la durée de cet écoulement dans le même état d’impureté que pendant le temps de ses règles.
Lv 15:26- Il en sera de tout lit sur lequel elle couchera pendant toute la durée de son écoulement comme du lit où elle couche lors de ses règles. Tout meuble sur lequel elle s’assiéra sera impur comme lors de ses règles.
Lv 15:27- Quiconque les touchera sera impur, devra nettoyer ses vêtements, se laver à l’eau, et il sera impur jusqu’au soir.
Lv 15:28- Lorsqu’elle sera guérie de son écoulement, elle comptera sept jours puis elle sera pure.
Lv 15:29- Le huitième jour elle prendra deux tourterelles ou deux pigeons qu’elle apportera au prêtre à l’entrée de la Tente du Rendez-vous.
Lv 15:30- De l’un le prêtre fera un sacrifice pour le péché et de l’autre un holocauste. Le prêtre fera ainsi sur elle, devant Yahvé, le rite d’expiation de son écoulement qui la rendait impure.
Lv 15:31- Vous avertirez les Israélites de leurs impuretés, afin qu’à cause d’elles ils ne meurent pas en souillant ma Demeure qui se trouve au milieu d’eux.
Lv 15:32- Telle est la loi concernant l’homme qui a un écoulement, celui que rend impur un épanchement séminal,
Lv 15:33- la femme lors de la souillure de ses règles, l’homme ou la femme qui a un écoulement, l’homme qui couche avec une femme impure.

J’espère que vous avez apprécié le glissement du champ lexical de la saleté vers celui du péché et de l’expiation. Les caractéristiques biologiques de la féminité (enfanter et avoir ses règles) sont un péché. Être une femme est une faute morale.

Dans l’islam, la question de la pureté spirituelle des femmes se pose aussi, et donne lieu à un vif débat sur Internet, où l’anonymat des pseudos permet de poser des questions taboues : beaucoup pensent qu’une femme ne peut toucher ou lire le Coran pendant ses règles, mais certains affirment qu’il s’agit d’une superstition sans fondement dans le Coran.

En France, les croyances populaires attribuaient aussi un pouvoir nuisible au sang menstruel : faire pourrir les réserves de viande, faire mourir les essaims d’abeilles, faire noircir le sucre au cours de son raffinage… A tel point qu’on vantait aussi son utilité dans les champs cultivés, pour éradiquer les sauterelles ou les chenilles.

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Face à ces croyances, que nous disent les voix de la raison ?

Pline l’Ancien, philosophe de l’Empire Romain et auteur de l’encyclopédique "Histoire Naturelle", ne fait pas mieux : "Aux approches d’une femme dans cet état, les liqueurs s’aigrissent, les grains qu’elle touche perdent leur fécondité, les essaims d’abeilles meurent, le cuivre et le fer rouillent sur-le-champ et prennent une odeur repoussante"

Dr Bela Schick

Plus près de nous, en 1920, à Vienne, le Docteur Bela Schick (de religion juive) invente la théorie pseudo-scientifique des ménotoxines, qui cautionne les préjugés populaires. Selon lui, dans les règles se trouvent des substances toxiques, qu’il appelle "ménotoxiques", qui se répandraient dans le corps de la femme et s’en échapperaient par les pores de la peau, contaminant l’environnement.

Il aurait ainsi scientifiquement observé qu’un bouquet de fleurs se fanait dans les mains d’une jeune fille ayant ses règles… Il nota également que les dites ménotoxines empêchaient le levain de lever, et la bière de fermenter… Peu après, il émigra aux Etats-Unis où ses travaux sur la diphtérie ont été plus heureux et pertinents.

Il ne fut pas le seul docteur à se fourvoyer en la matière : David Macht (1924), Olive Watkins Smith, George Van S Smith (1950)…

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De Manou à Pline, de Yahvé à Moïse et Dr Schick, ce sont donc des êtres masculins qui ont codifié l’impureté des femmes.

Toutes ces autorités (dieu, sages ou scientifiques) le martèlent : non seulement la femme est impure pendant ses règles, mais elle rend impur ce et ceux qu’elle touche. La menstruation est le signe tangible que les femmes, impures et polluantes, représentent une menace à endiguer.

La constance de ces préjugés dans l’espace et le temps est remarquable. Est-ce à cause de la continuité des échanges culturels sur la Route de la Soie ?

Ou est-ce le travers constitutif de toutes les sociétés patriarcales que de culpabiliser et humilier les femmes pour leur nature biologique ? La réponse est dans la question.

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Références :

Jean-Yves LE NAOUR et Catherine VALENTI, « Du sang et des femmes. Histoire médicale de la menstruation à la Belle Époque », CLIO. Histoire, femmes et sociétés [En ligne], 14 | 2001, mis en ligne le 03 juillet 2006, consulté le 25 juillet 2012. URL : http://clio.revues.org/114 ; DOI : 10.4000/clio.114

Hindu Ethics: Purity, Abortion, and Euthanasia by Harold G. Coward, Julius Lipner, Katherine K. Young (SUNY Press, 1989)

Joëlle Allouche-Benayoun, « Evyatar Marienberg, Niddah. Lorsque les juifs conceptualisent la menstruation », CLIO. Histoire, femmes et sociétés [En ligne], 28 | 2008, mis en ligne le 16 décembre 2008, consulté le 25 juillet 2012. URL : http://clio.revues.org/9092

The Curse: A Cultural History of Menstruation By Janice DeLaney, Mary Jane Lupton, Emily Toth (University of Illinois Press, 1988)

Femme donc impure : monstrueuses menstrues (I)

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Envie d’évasion ? Aujourd’hui je vous emmène en voyage exotique. Fermez les yeux et imaginez.

Imaginez un pays lointain, qui idolâtre ses filles pré-pubères et torture ses femmes sous prétexte que leurs règles les rendent impures.

Un pays où chaque fois que vous avez vos règles, on vous envoie dans une cabane crasseuse et mal isolée, au fond du jardin. Une bicoque que vous partagez parfois avec le bétail de la famille, où vous devez vous recroqueviller car le toit de paille est trop bas. Qu’il pleuve ou qu’il vente, imaginez qu’on vous oblige à troquer vos vêtements contre des guenilles de jute rêche, pour éviter de souiller vos vêtements usuels.

Une femme fait visiter sa "cabane chhaupadi" à un coordinateur de l’ONG Give2Asia

Un pays où lorsque que votre sœur a ses règles ou accouche d’un enfant, on la confine dans la cabane jonchée de fumier tant que durent les pertes de sang (menstrues ou retour de couches), et on lui interdit de se laver pour éviter qu’elle ne "contamine" le ruisseau.

Un pays où l’on exige que votre mère s’active dans la cuisine sauf pendant sa menstruation, auquel cas on lui interdit non seulement d’entrer dans la cuisine, mais aussi de toucher et consommer les aliments frais et nourrissants que sont le lait et le beurre, de peur de provoquer la mort de la vache laitière. Ce qui l’oblige à se contenter de fruits secs.

Un pays où chaque fois que votre femme a ses ragnagnas, vous l’éloignez le plus loin possible de votre lit conjugal, car une simple caresse vous obligerait à suivre des rites purificateurs pendant une semaine pour vous laver de cette "souillure".

Ce pays barbare est un petit territoire coincé entre les géants chinois et indiens, entre les Monts Annapurnas et l’Everest. C’est le Népal.

Cette tradition de bannir les femmes pendant leurs règles s’appelle Chhaupadi (Chhau signifiant règles et Padi femme, en nepali). Elle s’appuie sur le préjugé hindou qui veut qu’une femme soit physiquement sale et spirituellement impure pendant la période de ses règles, et donc, source de contamination pour son environnement et son entourage, et soupçonnée de provoquer des événements néfastes.

La tradition du Chhaupadi est encore répandue dans les régions rurales du centre et Ouest-Népal, alors qu’elle a officiellement été interdite en 2005, et que, chaque mois, elle met en danger des femmes. Recluses dans des conditions d’hygiène intolérables, elles subissent les intempéries et le froid glacial en hiver, sans parler des conséquences psychologiques de cette pratique empreinte de violence latente.

Là-bas, quelques petites filles sélectionnées à l’âge de 3-4 ans sont par ailleurs vénérées comme des déesses vivantes. On les appelle Kumari Devi, ce qui signifie "déesse vierge" en sanskrit. Elles sont mises à l’écart du monde avant même d’avoir pris conscience de leur statut particulier, et choyées au détriment de leur éducation : une déesse n’a pas besoin d’apprendre à lire.

Vénérée et choyée, la Kumari n’est pas préparée à retrouver un statut de femme discriminée à l’adolescence – photo by Nirmal Dulal

Lorsque surviennent ses premières règles, la Kumari est rendue à sa famille et remplacée par une nouvelle petite fille. Du jour au lendemain, la puberté sonne le glas de son statut de déesse et la renvoie à son statut de femme, souillée par la menstruation.

Ainsi, l’absence de règles est signe de pureté, et réciproquement les règles sont une souillure, alors même que le concept de pureté est au cœur du système des castes hindou qui structure la société népalaise.

Je vous ai fait passer l’envie de voyager ? Rassurons-nous, ces choses ne risquent pas d’arriver chez nous. C’est un problème de sous-développement économique et d’archaïsme culturel.

Vraiment ?

Pourtant, on retrouve les mêmes poncifs sur la prétendue impureté du sang menstruel dans notre culture. J’en parlerai dans mon prochain post, tant les stéréotypes sur la menstruation sont longs à recenser…

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